Vichy : dénoncer son camarade en classe permet-il encore de gagner un bon point du Maréchal Pétain ?

En raison de la marche en avant vers la modernité à Vichy il devient de plus en plus difficile de dénoncer son camarade
A Vichy, les traditions se perdent. A force de dénigrer sans raison le passé prestigieux de sa ville dans les années 40, l’édile Frédéric Aguilera a semble-t-il fini par faire de sa commune un espace pratiquement comme les autres. En effet, il devient de plus en plus difficile dans les écoles, lors de cette rentrée, de dénoncer son camarade en classe. Les enseignants qui adressaient il y a encore quelques années des bons points à l’effigie du Maréchal Pétain ou de Pierre Laval se font de plus en plus rares. « Maintenant on ne peut plus rien dire ou plus rien faire. On ne peut plus récompenser un élève dénonciateur ou encore mettre des gifles à des CP. Tout se perd », raconte Alice Macmich, enseignante à un de la retraite, qui tente vainement de faire perdurer la tradition.
La délation, un art de vivre
Les inspecteurs de l’Education Nationale ont cette année interdit la notation de la délation, qui était jusqu’ici requise dans certaines écoles pour passer par exemple du CP au CE1 ou du CM2 vers la 6ème. Un bon élève devait être capable de dénoncer une dizaine de « traitres à la patrie » par année. « La délation est plus qu’une matière, c’est un art de vivre. Ne plus la valoriser nous fait perdre une part de notre patrimoine », raconte le proviseur de l’école primaire Adolfo Ramirez, dans le centre-ville. Les temps sont donc difficiles. D’ici quelques années, les élèves pourraient n’être notés que sur leurs compétences et leurs connaissances.
Mais un fond d’espoir subsiste pour les derniers personnels éducatifs. Une potentielle victoire du RN aux futures législatives et présidentielles pourraient peut être réitérer le bon point du Maréchal et potentiellement l’étendre sur le territoire. L’école est ressortirait enfin grandie et la France pourrait enfin renouer avec son passé.



