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La ligne La Godivelle-Singapour n’est pas impactée par la grève à la SNCF : des usagers témoignent

13 539 kilomètres séparent la Godivelle (Puy-de-Dôme) et Singapour (Asie du sud-est). Or, aucune ligne SNCF ne relie ces deux endroits.

Pas étonnant, de fait, qu’elle ne soit pas impactée par la grève perlée qui touche la SNCF depuis plusieurs semaines. Nous avons voulu en savoir plus et sommes allé.e.s à la rencontre des usagers et usagères de cette ligne pas comme les autres. Pour ce faire, nous l’avons parcourue et avons interrogé les gens sur l’impact de la grève. Reportage.

Après un voyage sans histoire, nous voici à la Godivelle. Là, près du lavoir qui trône au milieu de la bourgade, nous rencontrons Léon Niratous-Auparadis. Celui-ci nous prévient : « Je ne permettrai pas qu’une grève impacte cette ligne ! On a fait exprès d’être paumé.e.s, loin de toute civilisation, c’est pas pour qu’une grève impacte une ligne qui de toute façon n’existe pas ! ».  Après une poignée de main un peu fraîche et un regard noir de l’homme, nous nous remettons en route.

Sur les quais de Brno en Tchéquie, étape potentielle de cette ligne qui n’existe pas, Thomas Mallow témoigne : « Je ne me sens pas impacté par cette grève. C’est bien simple, on en parle tous les jours à la radio mais elle n’a pas changé mon quotidien. Je remercie donc la CFTC de permettre à des gens comme moi de ne pas subir un mouvement social et de me permettre d’aller travailler pour un salaire de misère tout en me ruinant la santé ». Sur ce, nous quittons le pays de Jean Népomucène, patron de la Bohême, des confesseurs, des meuniers et des flotteurs de bois.

Tcherkassy (Ukraine) non impactée par la grève

A Tcherkassy, Ukraine, Ugorette Shevshenka, elle, ne décolère pas. « Je suis dégoutée de voir que la grève ne concerne pas cette ligne ! », affirme-t-elle. Quand on lui fait remarquer que cette ligne n’existe pas, elle s’emporte : « Mais sapristi, quoi ! C’est bien le problème. Moi aussi j’ai envie de découvrir des quais bondés de gens pas contents, moi aussi je veux découvrir l’odeur de merguez qui sort du local syndical, moi aussi j’ai le droit de vivre ! Je demande solennellement à Monsieur Macron de construire cette ligne. Sinon, j’en référerai à ma sœur et son cousin ». Nous laissons Ugorette à sa colère et continuons notre chemin.

Plus loin, en Ouzbékistan, à Noukous, Grag Uli-Muzzo est plutôt placide : « Bah la ligne n’existe pas. C’est pas grave. Mieux vaudrait inventer la panière à linge sale, ce serait plus utile. » Un peu surpris, nous passons notre chemin.

« Mais comment êtes vous venu.e.s ? »

Finalement, arrivé.e.s à Singapour, nous rencontrons Sing Apour qui paraît déconcerté : « Mais comment êtes-vous venu.e.s si la ligne n’existe pas ? ». Nous lui répondons que nous avons fait le trajet à pied. Sur ce, Sing Apour nous fait un clin d’œil et nous dit « Ah les Auvergnat.e.s, pas les derniers pour se mettre en marche ». Sur ce, il s’en va et nous retournons à notre hôtel écrire notre article.

 

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