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Il confond du Romanée Conti avec du Côtes-d’Auvergne

Stupeur lors d’une dégustation  à l’aveugle organisée aux Hospices de Beaune vendredi dernier. Le meilleur sommelier du monde, Enrico Bernardo, confond un bourgogne renommé avec un vin de Côtes d’Auvergne.

« Je n’en reviens toujours pas. Je regrette maintenant ma note de 19,5/20 et mes louanges devant l’assemblée. Je pensais vraiment que ce vin venait du domaine de la Romanée-Conti », explique confus Enrico Bernardo. Le ton est nettement plus enjoué chez les vignerons auvergnats « C’est excellent ! Ce vin avait reçu la note de 11/20 lors d’un salon précédent. Et là, les ventes ont explosé, j’ai tout écoulé en cinq minutes ce matin à un client de Shanghai », raconte l’heureux élu, un producteur de Ménétrol. « Il m’a demandé deux millions de litres ! Je lui ai simplement donné ce que j’avais, une quarantaine d’hectolitres. »

La stupeur est d’autant plus grande que le sommelier n’avait jamais vu de vigne en Auvergne, à l’instar de beaucoup de ses habitants. « Je croyais qu’il y  avait autant de vignes dans le Puy-de-Dôme que de Saint-Nectaire en Côte d’Or », nous explique le maire de Beaune, Alain Suguenot. Le vin confondu est un assemblage Gamay-Pinot d’une valeur de 5€, un rapport qualité/prix imbattable face à un grand nom des vins de Bourgogne, un Romanée Conti (pinot noir) d’une valeur de 16000€.

La production de Côtes d’Auvergne explose

Dans le Puy-de-Dôme, les 50 vignerons sont sur le pied de guerre.  Tous ont vendu leurs stocks et certains ont augmenté leurs prix. D’autres ont commencé à racheter des terrains. Les 350 hectares de vignes dans le département pourraient appartenir rapidement au passé. La coopérative Saint-Verny a par exemple acheté la plaine de la Limagne et envisage d’expérimenter une nouvelle variété de vignes mutantes créées par Limagrain. Quelques vignerons indépendants ont racheté tous les terrains en friches sur les coteaux des plateaux de Corent et Gergovie et escomptent relancer de vieux cépages. Les experts estiment que les Côtes d’Auvergne pourraient à ce rythme produire un million d’hectolitres d’ici 2020. Le Puy-de-Dôme deviendrait ainsi à plus long terme le premier producteur mondial.

Paul, un ancien salarié de la Fédération Viticole du Puy-de-Dôme croise les doigts. « Maintenant, on espère que la prochaine dégustation à l’aveugle organisée par des grands sommeliers ira dans notre sens et n’amènera pas à confondre un Côtes-d’Auvergne avec un vin de table du Chili, sinon ça sera pire que le phylloxéra au siècle dernier » !

 

2 Comments

  1. Bonjour, mon oncle m’a parlé effectivement de cette scène, mais vous êtes le seul site à en parler. Avez vous d’autres sources permettant de corroborer votre article ? Merci d’avance

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